Laeken sans sa rose

Morticia,

Je devais le sentir quand tu as débarqué dans ma vie, petite boule de nerfs incontrôlable. Je croyais d’abord que tu étais mâle et je t’avais donc appelée Mortimer, du nom de l’apprenti de La Mort. Oui, j’étais déjà fan de Terry Pratchett et du disque-monde, à l’époque. Puis on s’est rendus compte que tu étais femelle…et voilà comment Morty-chat est devenu Morticia.

Ta soeur était l’ange de la maison, tu as été sa tornade blanche. Chat polaire, Youyoute, Youyinette, Youpette, Piplounette, Rastacouette, Mortichounette, Sakapusse, je pouvais tout tenter, tu répondais toujours présente, jamais en reste d’un bisou, d’un ronron (un V12 gonflé), toujours fourrée dans mes pattes à miauler pour avoir quelques croquettes de plus (jamais compris comment tu pouvais encore peser 5k800 alors que tu étais au régime drastico-draconien), guettant le moment où je me poserais dans le divan pour venir te lover contre moi, quand ce n’était pas m’épier de la dernière marche de l’escalier quand j’allais me coucher. Ma myopie et ton sens inné du camouflage m’ont un jour fait prendre ma douche avec toi (un chat blanc sur fond de tub de douche blanc, t’allais le chercher, aussi !).

Tu as été la bouée de sauvetage de Smoking quand Aramis s’en est allée, puis la mienne quand Smoking a joué les filles de l’air pendant deux semaines. Tu ne demandais rien, juste une petite place où venir te poser et faire ton pain en ronronnant.

Et tu es partie aussi vite que tu es arrivée dans nos vies. Dans une tornade. Une saloperie qu’on appelle thromboembolie. Tu avais une maladie du coeur, personne ne le savait. Une cardiomyopathie hypertrophiée. Tu as fini par faire un caillot, il t’a coupé les pattes…et la vie. On a réagi aussitôt, mais c’était déjà trop tard. 40h, c’est le temps qu’il a fallu pour qu’on finisse par accepter qu’on ne pourrait pas te sauver. C’est bête, quand même, mourir d’avoir le coeur trop grand.

Cette semaine, Laeken a perdu sa rose et notre famille a perdu son feu follet. Tu as rejoins Aramis à Wépion, où tu es née. La boucle est bouclée. La Meuse et les collines namuroises berceront ton repos. Ne t’inquiète pas, on a repris ton flambeau : on veille sur Smoking.

Je pourrais y passer la nuit, raconter chaque détail de toi, mais j’en aurais pour 10 ans, toute une vie. Je me contenterai d’une petite vidéo, en attendant de te retrouver bien vivante sous les traits de Gertrude. Car tu l’auras, ce livre.

Bye bye, mon petit chat polaire…

commentaires

    • Merci, Martine. On sait que leur passage ici-bas est beaucoup plus court que le nôtre, je suis triste, oui, mais si heureuse d’avoir eu cette petite boule de poils exceptionnelle à mes côtés pendant 10 ans.

  1. Ta petite rose sera dans ton livre et dans chaque instant de ta vie, elle veillera sur toi et ne te quittera jamais vraiment, sois en sûre. Parce qu’elle a été heureuse auprès de toi comme peu d’animaux le sont.
    Chacun de nos petits compagnons reste au fond de nous pour toujours, à sa place privilégiée.
    Je partage ton chagrin et je t’embrasse fort, Isabelle.

    • Merci, Alma. Et ma jolie rose m’aura aussi rendue heureuse comme peu de gens peuvent l’être. Elle était exceptionnelle et unique, une vraie héroïne 🙂

  2. Courte vie mais condensée ! Mon chat aussi souffre de son cœur trop gros et je crains toujours le moment fatal. Quand un animal nous quitte c’est une brique du mur de notre vie qui se détache…
    Je partage sincèrement ton chagrin.

    • Merci, Domi. Je t’avoue que je suis contente de n’avoir jamais su pour son coeur (les vétérinaires m’ont dit qu’il était quasi impossible de détecter ces problèmes, trop rares sauf pour quelques races). On a attendu en espérant qu’elle s’en sortirait (1 chat sur 2 s’en sort, mais sans aucune garantie de récupérer sa mobilité), mais au bout de 40h, il était évident que les pattes étaient condamnées et elle avec, je n’ai pas hésité. J’aime beaucoup ton image de la brique.

  3. Les larmes aux yeux je suis, comme quand ma Lùna d’amour m’a quittée après 15 ans… J’en ai pleuré pendant des jours et des jours et j’ai gardé son collier que je caresse encore parfois. Certains de nos compagnons nous marquent plus que d’autres mais quand ils s’en vont c’est toujours le même chagrin irrépressible…
    Viendra le temps où tu pourras regarder ses photos avec tendresse en ne pensant qu’aux bons moments partagés (parce qu’il n’y en a eu que des bons n’est-ce pas? 😉 )
    Je partage ta peine sincèrement et je t’embrasse.

    • Avec Morticia, c’était toujours le fou-rire au bord des lèvres. J’ai gardé son collier aussi, il est à côté de celui d’Aramis, accroché à un trio de statuettes en forme de chats…chacune dédiée à l’un de mes chats. Merci, Nanie…

    • Gertrude est l’héroïne (en réalité héros) de Laeken Rose, librement inspirée de Morticia. Quand à Smoking, malheureusement, le décès de Morticia l’a tant affecté qu’il s’est laissé mourir. Je l’ai perdu le 4 juillet, 15 jours exactement après sa soeur :'(

  4. Je suis un peu en retard et triste de lire ton billet, Isabelle.
    Ces petites boules de poils sont remplies d’affection et d’intelligence et l’humain qui s’en occupe fait souvent office de mère/père chat.
    Les animaux sont malades aussi, comme les gens, et les voir souffrir ou être diminués, m’est aussi insupportable…
    Quand ils s’en vont, la peine et le vide s’installent en nous.
    Gros bisous

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