Le conseil de Noël de la Scribouille

Ca y est, c’est le moment, après des mois de sécheresse, une arrière-saison beaucoup trop douce et quelques nuits de gel trop courtes, on commence enfin à entendre les grelots de Noël qui approche (Noël, pas les grelots) et tandis que les gilets jaunes font le pied de grue un peu partout en se demandant si le jeu en vaut vraiment la chandelle quand on a un Francis Lalanne déguisé en Haddock de récupération qui brigue en leur nom les européennes et réclame la dissolution de l’Assemblée nationale au profit d’une Assemblée jaune (oui, mais…avec ou sans cuissardes, Francis ? ), le commun des mortels rejoint les files aux caisses des supermarchés pour faire les achats traditionnels à mettre au pied du sapin.

Cette année, chez la Scribouillasse, on (enfin, surtout moi) a décidé de changer un peu les habitudes. Pas au sujet du sapin, non. Depuis quinze ans et des rawettes* que je vis chez mes chats, le sapin n’a plus voix au chapitre depuis longtemps. Déglingué, le premier. Déplumé, le second. Adieu jolies branches vertes et guirlandes pimpantes. Hasta la vista, boules ancestrales et petits santons de bois. On est passés au minimalisme le plus radical : un sapin en fer forgé de trente centimètres maximum posé au coin d’une table. Qu’à cela ne tienne, pour les fêtes comme pour le reste, c’est l’intention qui compte et l’esprit de Noël n’a pas besoin de grands chichis pour persister.

*rawette – terme wallon (aussi repris à Bruxelles) pour désigner un petit supplément, un petit rajout. « Roger, il me reste du cognac, je t’en mets une rawette avec ton café ? »

Bref, je disais, on a décidé de changer les habitudes. Rapport aux cadeaux. D’ordinaire, je me sèche les neurones à trouver ZE cadeau qui fera plaisir (aux parents, au Mâle, aux filles, aux chats) et ça finit invariablement avec une tonne de papier cadeau froissé, déchiré, arraché, malmené, dans un coin du salon, et des super cadeaux qui finiront abandonnés sur une étagère (les filles), dans un tiroir (le Mâle), voire qui feront retour à l’envoyeur (mon père qui veut toujours que je lise les livres que je lui offre). Alors, cette année, ça suffit !

C’est un petit livre qui m’a donné l’idée. 258 pages, à peine, et pourtant, une vraie mine d’or !  Un petit conte moderne, avec des licornes dedans. Des licornes ? oui oui, des licornes, des vraies, elles existent, elles sont parmi nous. Et ce petit livre nous en narre les secrets. L’histoire d’une jeune femme de notre époque en quête de meilleur. Pour elle, bien sûr, mais surtout pour cette petite planète qui nous abrite tous et qui, peu à peu, se meurt, surexploitée, pressée comme un citron trop mûr. Alors, dans l’histoire qui n’est pas vraiment une histoire parce que c’est vraiment sa vie qu’elle nous raconte, la jeune femme retrousse ses petites manches et elle cherche des solutions : consommer moins, consommer mieux, consommer responsable. Parce que c’est ça, être une licorne. Pas un animal de légende que seul le baiser d’une vierge pure peut sauver, non, mais bien ces gens débordant d’énergie et de créativité pour en demander moins à la planète.

Minimalisme, zéro-déchet, recettes maison, l’autrice nous emmène à sa suite dans cette transition écologique qui continue d’être la sienne. Et celle de Dimitri, son compagnon, « victime » collatérale des expérimentations de sa belle, à son corps défendant d’abord, puis peu à peu conquis, ne s’avouant vaincu que par petites touches, subtiles, certes, mais certaines. Celle de sa maman, de ses proches, ses copines, ses élèves aussi. Car oui, elle est prof ! Et pas n’importe quelle prof. Une prof qui aime « Ring Est » et qui le fait savoir. A ses classes du Lycée Maria Assumpta, d’ailleurs (l’histoire de ça, c’est par ici). Une licorne communicative, donc, qui, en 258 pages bourrées d’humour, de bons plans, de déboires, de réussites, mais surtout de résilience et de persévérance, réussit le pari pourtant pas toujours gagné d’inspirer ceux qui n’avaient encore rien entrepris et de renforcer l’inspiration de ceux déjà un peu engagés (comme moi, par exemple).

Alors voilà, cette année, c’est décidé, les cadeaux seront maison et zéro-déchet. Mes proches sont avertis et ravis de l’idée. Un petit panier garni beauté (savon liquide pour les mains en flacon à pompe, déodorant lavande en stick, petit pot de dentifrice citron et petit pot de rhassoul en poudre) emballé dans un furoshiki (en gros, un emballage cadeau dans un carré de tissu)…et, pour les francophones, un exemplaire des « Secrets de la Licorne », le petit chef-d’oeuvre de Géraldine Rémy !

Histoire qu’il y ait encore de nombreux Noël sur la planète …ou en tout cas quelques licornes de plus 😉

« Les Secrets de la Licorne » – 258 p. – Géraldine Rémy – Ker éditions – 18 EUR

licorne

commentaires

  1. Mes cadeaux sont achetés, emballés dans du papier, j’ai (un peu) honte et ce bouquin aurait très bien convenu aux préoccupations de ma belle-fille qui en plus adore les licornes! Mais le budget est bouclé donc ce livre mis en mémoire pour son anniv 😉
    Sinon, tout n’est pas rose à Laeken il me semble…

    Aimé par 1 personne

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