Tous à couvert (ure) !

Ca y est, je l’ai reçue, elle est là !

Quoi ça ?

Ben, la version finale de la couverture de Ring Est, bien sûr !

Ca n’a l’air de rien, comme ça, mais sache que cette couverture, pour moi, ça a un peu été le parcours du combattant.

D’abord, alors que dans ma naïveté crasse, je m’imaginais qu’on avait encore tout le temps devant nous. Après tout, hein, on sort le bidule en février, c’est dans mille plombes. Finissons de retravailler le bouquin et puis on discutera de tout ça. Chaque chose en son temps.

Que nenni, mon petit ouistiti ! L’édition, ça ne fonctionne pas comme ça ! Il nous faut, au plus vite, décider du titre, de la couverture, du quatrième de couv’ et préparer tout le dossier pour les commerciaux. La phase la plus critique de la vie du bouquin se joue ici et maintenant : il s’agit d’aller arpenter le pavé et présenter ta came aux libraires.

C’est eux qui décideront de l’avenir de ton livre.

Vois-tu, il est fini le temps où les libraires recevaient d’office une pile de bouquins à présenter à leurs clients. Avec une rentrée littéraire comme celle de septembre (plus de 530 titres) et à raison de 10 exemplaires par titre, tu imagines ce que ça donnerait chez le libraire du coin ? 5,300 volumes à caser sur les étagères, comme ça, d’un coup…avec tous les autres livres du magasin…plus besoin d’abonnement à 19,99 EUR/mois chez PlasticFit pour se faire les petits bras musclés de Chuck Norris, le bouquineur !

Non, désormais, des représentants font la tournée des libraires avec le catalogue des nouveautés, dans lequel nos amis feront leur petit marché. Et il faut du temps pour faire le tour de toutes les enseignes ! Il s’agit donc pour nous d’avoir tout ce qu’il faut pour séduire dès aujourd’hui ces acteurs essentiels du secteur. Ergo le titre, la couv’ et son verso.

Xavier, mon éditeur, étant plutôt du type qui aime à bosser avec ses auteurs et les inclure dans toutes les étapes du processus décisionnel, j’ai donc pu donner mon avis, ma vision de la couverture et des éléments que je voulais y voir figurer. Une chance, car la pratique n’est pas si répandue…mais qui s’est vite avérée une malédiction pour la Scribouillasse néophyte que je suis.

Imaginez qu’on vous donne, plus ou moins, carte blanche, et qu’à chaque idée, on vous propose au moins quatre à cinq versions : avec illustrations, double image, photos surexposées, titre en haut, titre en bas, nom décalé, à droite, à gauche, dans un sens, dans l’autre, on raffine, on ajuste, on fait un peu plus de telle couleur, un peu moins de l’autre…rapidement, on se retrouve avec une vingtaine de déclinaisons sur trois thèmes radicalement différents. Tu me vois venir ? ouais, en plein dans le mille. La Scribouillasse, trop gâtée, est partie en sucette, a eu le tournis et ne savait plus quoi faire. Tout à coup, tout était à la fois bon et pas encore assez bien.

On peut pas mettre ça un peu plus bas ? Et si on changeait tout et qu’on faisait ça, plutôt ? Oui, mais, et si…

Ca devenait ingérable. Surtout pour Eva, la graphiste, qui, je peux vous le dire, doit fricoter quotidiennement avec les anges, vu la patience et le professionnalisme avec lequel elle a accueilli chacune de mes remarques délirantes.

Je te passe aussi le désemparement du Mâle qui me voyait débouler dans son bureau avec des variantes parfois très subtiles et ne savait plus comment s’y prendre pour me faire comprendre que « mais tout est bien, là »…

Finalement, et après un dernier revirement de situation (il fallait penser au bandeau « 1er prix Fintro 2017 » qui accompagnera le livre),  la décision est tombée fin de semaine dernière : on va prendre celle-là ! Comble d’ironie : c’est, à peu de chose près, la première idée de couverture qu’on avait discutée. Pour le coup, on pourra dire que la Scribouillasse aura vraiment fait tout le tour de la question…et tourner en bourrique tout son petit monde (si jamais Ker éditions accepte un autre de mes bouquins, je pense que Xavier y réfléchira à deux fois avant de m’impliquer dans tout ce bazar).

N’empêche, mine de rien, c’est un super moment que celui où on voit la couverture prendre forme et il y a des tas de petites choses que j’ai apprises sur le choix des couleurs, les éléments qu’on peut faire figurer, ceux qu’on doit laisser de côté…c’est, dans une certaine mesure, aussi fascinant que la relecture/ré-écriture du texte (j’en parlerai un autre jour, mais sache déjà que ce sont les soldes avant l’heure…challenge : élaguer le texte. Faut tailler le caillou avant de le polir. Objectif -30%)

Allez, et comme une image vaut mille mots, c’est le moment, c’est l’instant. La couverture de Ring Est :

Ring Est

4 réponses à “Tous à couvert (ure) !

  1. J’adore ton enthousiasme et ton bonheur. Et je pense que Xavier et l’équipe seront ravis de te retrouver pour le prochain parce qu’ils n’ont pas dû s’ennuyer avec toi:))
    Très chouette la couvert’ j’imaginais bien dans ce genre; Rhaaaa j’ai hâte de le voir à la vitrine de ma librairie!!!

    Aimé par 1 personne

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