Malice in Wonderland

Ouais, bon, ça devient une habitude, je sais…v’là maintenant que c’est le chapitre 9 – Un Homme d’Exception qui joue sa diva et se fait attendre. Et, de nouveau, je sais ce qu’il s’y passe, c’est juste que j’arrive pas à démarrer le moteur. Besoin d’un bon coup de pied au fondement, je vous le dis. Mais je vous promets, foi de Scribouillasse, encore quelques jours et je prends congé pour quelques semaines de mes occupations diurnes (vous savez, ce qui permet de payer le loyer, la bouffe, la vie), je mettrai alors les bouchées doubles, voire même triple pour le bouquin !

En attendant, la Résistance, cette vieille ennemie, a pris la forme la plus tentatrice qui soit. Car c’est l’art qui m’a tenue loin de mon clavier, les amis. L’Art avec un grand A. Celui qui fait que ce billet se retrouve à la fois dans mon Journal de Résistance et dans mes chroniques de détente. L’oeuvre d’un Maître. 555 pages made in Canada, que tu te prends en coup de poing dans la tronche et qui te retourne comme une crêpe suzette.

Aliss, de Patrick Senécal.

Alors, pour ceux qui ont déjà testé du Senécal, ils pourront vous le confirmer, la bête ne s’approche pas à la légère. C’est du lourd, du tankisable, du quintalesque, bref, du heavy comme ils disent. En plus, ça blaire le trash à trois cents bornes à la ronde. Les USA de Trump, à côté, c’est la vie des Bisounours. Parce que derrière le vocabulaire québécois bonhomme qui fleure bon la poutine, ça dézingue, ça torture, ça fornique, ça bute, ça copule, ça se came, ça se vend, ça se décheance et ça s’orgie à tout va. Sérieux, Senécal, c’est tellement brûlant qu’on devrait mettre un PG-18 sur tous ses bouquins, tabarnak !

Mais si encore ce n’était que ça, je vous dirais que vous avez déjà vu bien pire (ou pas loin) dans Game of Thrones ou Spartacus. Du sang et du cul, surtout si c’est gratuit et que ça n’apporte rien à l’histoire, ma foi, c’est un peu la recette standard du XXIème siècle. Oh, mais que nenni, mes amis ! Senécal, lui, il a un but. Un objectif. Ses scènes que tu te farcis avec un malaise croissant, tu sens bien qu’elles sont là pour t’amener là où il le veut depuis le début du bouquin et que la chute, tu vas te la prendre en pleine face en même temps que ses personnages….et que tu vas pas vraiment aimer, même si après, t’en redemanderas encore (tiens, teste un peu « Le Vide » et dis-moi si t’en sors indemne).

Bref, donc, Aliss, en surface, c’est un peu Lewis Carrol revisité à la sauce Canada 2000. Alice, une jeune fille de 18 ans, brillante élève au Cégep, décide de se faire la malle après sa première année pour « essayer ce qu’il y a ailleurs ». Voir du pays, se faire une expérience de vie, si tu veux. Sauf qu’à sa première escale, à Montréal, la donzelle se met à courser un drôle de mec un peu bizarre et déboule dans un quartier qui fait pas trop partie des plans d’urbanisme. C’est peuplé de gens tous plus timbrés les uns que les autres. Y’a Verrue qui passe sa vie assis par terre dans un coin de son appart à siroter de la mixture dégueu, écouter de la musique de merde et fumer des joints en attendant de sortir de son cocon; Bone et Chair, le duo glumol qui fout les miquettes; Chess l’échalas au sourire trop grand; Charles, le mathématicien bègue cardiaque; Mickey et Minnie, le couple sadomaso; Mario le bellâtre qui en veut aux miches de la petite, etc.

Etc.

Et caetera.

Et puis, bien sûr, la Reine Rouge. Qui règne sur tout le quartier, mystérieuse et insaisissable. Irrésistible. Et Alice, qui se fait désormais appeler Aliss, compte bien apprendre tout ce qu’il y a à savoir sur la vie ici.

Je te préviens, ça fait mal.

Alors, Aliss, donc, ce n’est pas à mettre entre toutes les mains. Mais une fois que tu t’y mets, et si t’as l’estomac bien accroché, tu décroches plus. Ah, je vous le dis, sur ce coup-là, la Résistance a mis les petits plats dans les grands !

Comme d’hab, j’ai adoré, et même si j’avais compris beaucoup de choses avant la fin, la gouaille et la plume de Senécal, ça coule dans ton cerveau comme une bonne Jupiler bien fraîche par temps de canicule. Et puis, hein, comme je l’ai dit, y’a le mot de la fin, la cerise sur le gateau, la bonne vieille dérouillée que tu te prends en quatre cents mots, top chrono.

Et, à l’ambiance, ça m’a rappelé un film (sur le même thème, ou presque) qui m’avait scotchée, il y a près de 10 ans de cela (et à qui j’ai emprunté le titre pour baptiser ce billet) :

Malice In Wonderland

Bref, sur ce, mes persos m’attendent, Margaux va tirer la gueule si je me grouille pas un peu, surtout qu’on continue tout doucement à lever le coin du voile. Par les moustaches de mon chat, on est en retard, en retard, en retard !

 

 

3 réponses à “Malice in Wonderland

    • Oui, t’inquiète ! C’est trash, mais c’est gérable…j’adore Senécal depuis « Le Vide » parce qu’il n’a pas froid aux yeux et nous dépeint un monde certes trash, mais dans lequel on se reconnaît tous (et c’est là, je pense, le second effet kiss cool qui décoiffe)… et il paraît même que l’auteur est doux comme un agneau (dixit un ami qui le connaît). Tiens, là, j’ai attaqué « Vele Hemels boven de Zevende » (« Bien des Ciels au-dessus du Septième) de Griet Op de Beeck, je pense que ça sera tout de suite plus calme comme lecture 🙂

      Aimé par 1 personne

      • Si ce n’est pas un pavé (d’abord parce que ça me décourage si la lecture ne me passionne pas et ensuite parce que c’est lourd ds la valise) j’emporterai Aliss en voyage le mois prochain ! Elle n’aura qu’à bien se tenir ! 😉

        Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s